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N.R.04 juin 2017, 15h00 1
Gagny. Deux des onze chiots ont été retrouvés momifiés dans le jardin d’un pavillon. DR
N.R.
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Le couple a été condamné à douze mois de prison avec sursis. Il ne pourra par ailleurs plus posséder d'animaux.

«La peine est sévère, mais elle est justifiée», a convenu MePatrice Grillon après la condamnation samedi d’un couple à douze mois de prison avec sursis pour cruauté envers des animaux. Elle est conforme aux réquisitions du procureur de la République.

La peine a été assortie d’une interdiction de posséder des animaux à vie et de fortes amendes de 1 000 € chacun. En mai dernier, ce couple de Gagny avait laissé mourir des chiots labrador. La police fera état «de chiots momifiés». L’un d’eux avait été jeté dans une poubelle, deux autres gisaient au beau milieu du jardin, complètement déshydratés après avoir passé plusieurs jours en pleine canicule.

A l’audience, les propriétaires des animaux ne semblent pas saisir la gravité des faits. Après, un séjour en garde à vue, ils comparaissent, encadrés par des policiers. «Je m’en occupe à 100 % de mes chiens», objecte d’une voix traînante, cette femme de 47 ans. «On sait s’occuper de chiens. On veut en reprendre», enchaîne son mari. Des réponses qui ulcèrent la présidente. «Non, vous les avez laissés mourir. Vous ne les aimez pas !» lance-t-elle en les fusillant du regard. Puis elle reprend : «Mais c’est d’une ironie d’appeler sa chienne Princesse et la laisser vivre au milieu des excréments».

«11 chiots labrador dans une petite cage»

Sur les bancs de la partie civile, Stéphane Lamart, fervent défenseur de la cause animale approuve. Il sait que la législation est de plus en plus favorable à la condition animale. Un grand pas a été franchi depuis deux ans. «Les animaux sont considérés comme des êtres vivants sensibles et non plus comme un meuble», précise Me Grillon. Un statut juridique qui amène désormais les tribunaux à juger avec plus de sévérité les affaires de maltraitance.

Dans le dossier de Gagny, c’est une association locale, les Sales Gosses, qui a tiré la sonnette d’alarme. Le 14 mai, lors d’une visite au domicile du couple avec le service hygiène de la mairie, ils s’alarment de découvrir «11 chiots labrador dans une petite cage au sous-sol». La propreté laisse à désirer mais rien de catastrophique. Toutefois ils décident de garder un œil sur les propriétaires.

Un chiot dans un sac-poubelle

«Nous étions plus dans la pédagogie à ce moment-là», indiquent les Sales Gosses. Mais le 25 mai, les voisins appellent en catastrophe la police. Celle-ci découvre une tout autre situation. A l’extérieur du pavillon, «sept chiots sont entassés et couverts d’excréments sous une température de 29 degrés». Pour toute nourriture, ils n’ont qu’une gamelle de «croquettes desséchées et collées de mouches». Dans le jardin, ils tombent sur le cadavre de trois bébés labrador. L’un des chiots a été jeté dans un sac-poubelle. En revanche les quatre chiens adultes, deux labradors et deux Yorkshire sont en bonne santé.

Au sous-sol, de la maison ils font encore une curieuse découverte. Dans une cage, ils avisent un chardonneret, une espèce protégée. Il est enfermé avec des canaris. Me Grillon fait remarquer que l’accouplement des deux espèces donne «des chanteurs» dont on peut espérer 200 € à la revente. «Je ne connaissais pas cette race d’oiseau», bredouille la femme. «Vous auriez pu vous renseigner en regardant sur Internet», tonne l’assesseur. «Mais nous n’avons pas Internet», lâche l’homme.

Leur avocat, Me Julien Dray, trouve le tribunal bien injuste envers ses clients. «Vous les traitez comme des quasi-criminels. Ils ont été dépassés», plaidera-t-il en vain.

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